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Grasset
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Une soirée ordinaire, fin décembre à New York. Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, l'écrivain John Gregory Dunne - quand ce dernier s'écroule sur la table de la salle à manger, victime d'une crise cardiaque foudroyante. Pendant une année entière, Didion essaiera de se résoudre à la mort du compagnon de toute sa vie, tout en s'occupant de leur fille, plongée dans le coma suite à une grave pneumonie. La souffrance, l'incompréhension, l'incrédulité, la méditation obsessionnelle autour de cet événement si commun et pourtant inconcevable : dans un récit impressionnant de sobriété et d'implacable honnêteté, Didion raconte la folie du deuil et dissèque, entre sécheresse clinique et monologue intérieur, la plus indicible expérience - et sa rédemption par la littérature. « Quintessence du style, son écriture est la fusion du feu et de la glace. Laconique, tenue, sèche, cruelle et lyrique à la fois. (...) Disons que ce serait la version féminine de Samuel Beckett, en lunettes noires, qui siroterait un cocktail au bord d'une piscine californienne. Disons que s'il y avait des premières dames de la littérature américaine, Joan Didion serait sa Jackie Kennedy. » (Myriam Anderson, Le Figaro Magazine, 9 septembre 2006)
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À vous, troupe légère
Dominique Fernandez
- Éditions Grasset
- Littérature Française
- 28 Janvier 2026
- 9782246844877
« Ce ne sont pas des biographies d'écrivaines et d'écrivains que je propose ici, ni même des portraits-souvenirs, mais ce que j'ai pu comprendre de leur personne et de leur oeuvre à travers un commerce suivi. Pas de vivants dans cette galerie. Je n'évoquerai que celles et ceux qui nous ont quittés ; plus deux personnages qui n'ont rien écrit mais ont occupé le devant de la scène littéraire ; enfin un grand compositeur de musique, familier d'écrivains et féru de littérature. L'autre condition pour faire partie de cette galerie est que nous ayons échangé de longues années, dix ans au moins, de rencontres, de discussions, d'émotions ; partagé des valeurs essentielles ; parfois voyagé ensemble ; que soit née entre nous une amitié forte et durable, au-delà de la simple camaraderie littéraire. »
D.F.
Vingt chapitres, par ordre d'apparition chronologique dans la vie de l'auteur : Marguerite Duras, Darius Milhaud, François Mauriac, Le cercle de la NRF (Jean Paulhan, Georges Lambrichs, André Pieyre de Mandiargues, Marcel Jouhandeau, Eugène Ionesco, Robert Abirached, Pierre Oster, Marcel Arland, Dominique Aury, France Ermin), Alberto Moravia, Yves Berger, Jean-Claude Fasquelle, Le cercle des écrivains romains (Carlo Levi, Giorgio Bassani, Mario Praz), Ungaretti et Pasolini, Leonardo Sciascia, Gala Barbisan, Angelo Rinaldi, Frédéric Mitterrand, Milan Kundera, Michel Tournier, Edmonde Charles-Roux, Jorge Amado, Anne Wiazemsky, Hélène Carrère d'Encausse, Yves Pouliquen. -
« Tu verras avec une fille, c'est plus facile. » C'est avec ces mots qu'on a voulu me rassurer, il y a 18 ans, quand j'ai annoncé le sexe de mon bébé à venir. Ça ne m'a ni surprise ni dérangée. Je me sentais davantage capable avec un enfant de mon espèce et n'en ai pas saisi les conséquences. Une fille, c'est « plus facile », mais facile à quoi, pour qui, et pourquoi ?
Je pensais, les toutes premières années, qu'il n'y avait rien de plus dur qu'être privée de sommeil et de temps pour moi. C'est faux. Tenir éloignée une Gosse qui devient une femme de tous les désastres liés à son genre est bien plus éprouvant. Même - surtout ? - si l'on se targue d'être féministe et d'avoir pour la nouvelle génération de grands desseins réparateurs.
La Gosse, ma fille, a grandi et creusé l'écart qui nous sépare. Elle s'élance, je me tasse. Elle veut arpenter la ville et le monde, je ne cours même plus pour attraper le bus. Elle pleure devant Sex Education, sur Netflix, moi pendant les pubs pour les conventions obsèques. La Gosse est de moins en moins gosse. Ni facile, ni difficile (même si elle est objectivement un peu chiante, parfois). Au moins, j'ai retrouvé le sommeil, sauf quand elle sort le soir.
N.D.
Comment être nostalgique de l'enfance de son enfant sans la figer ? Comment la prémunir de la violence des hommes sans la cloitrer ? Comment lui conter ses romances calamiteuses sans la décourager d'oser l'amour ? Comment la regarder se faire belle quand on vient tout juste de faire le choix de renoncer, avec soulagement et les cheveux sales, à se rendre désirable ?
Nadia Daam passe au crible épreuves, questions, doutes et moments tendres. La chronique espiègle d'une famille d'aujourd'hui, ou l'odyssée drôle et douce d'une mère tentant de comprendre cette étrange personne : sa fille adolescente. -
Remember Fessenheim : Enquête intime sur Françoise d'Eaubonne, pionnière écoféministe et impossible grand-mère
David Dufresne
- Éditions Grasset
- Essais Grasset
- 17 Septembre 2025
- 9782246832881
« Cours ma soeur, le vieux monde mâle explose derrière toi... »
Le slogan et le dessin sont signés Françoise d'Eaubonne, aquarelliste de talent à ses heures mais d'abord essayiste, militante et romancière engagée. Il est accroché dans son minuscule appartement de la rue Lécluse, où vit cette femme exceptionnelle et... grand-mère de David Dufresne. Vingt après après sa mort à l'été 2005, « oubliée de tous, honnies de toutes », l'auteur décide de nous offrir le portrait d'une intellectuelle engagée, libre, fantaisiste et passionnée.
Françoise d'Eaubonne fut de tous les grands combats d'après-guerre, elle qui eut vingt-cinq ans en 1945 : combat contre la guerre en Algérie (et signataire du Manifeste des 121) ; sur les barricades de 68, lutte pour l'égalité et le droit à l'avortement ; militante du MLF et fondatrice du Front homosexuel d'action révolutionnaire. Eco-anxieuse dès les années 1960, quand elle découvrit le rapport Meadows, elle forgea le concept d'éco-féminisme : « un nouvel humanisme né avec la fin irréversible de la société mâle », qui traverse la société aujourd'hui avec force. Avec un ami, elle organisa un attentat à la bombe sur le chantier de la centrale nucléaire de Fessenheim, événement historique jamais résolu...
C'était une activiste exceptionnelle, en lutte partout, dans les rues et avec sa machine à écrire, et ainsi que l'écrit David Dufresne, « une maîtresse femme, une matrone, une déesse rebelle et géniale ! ». Avec son talent libre et unique, comme dans son légendaire Tarnac, magasin général ou Dernière sommation, l'auteur cite les notes blanches des services, les journaux intimes inédits de sa grand-mère, les interviews renversantes à Apostrophes, il va sur le terrain, raconte, échange, s'interroge, révèle et rend ainsi vie et force à l'inoubliable combattante. -
Volia : Engagée volontaire dans la résistance ukrainienne
Anastasia Fomitchova
- Éditions Grasset
- Littérature Française
- 17 Septembre 2025
- 9782246841524
« Volia », un mot ukrainien qui n'a pas d'équivalent en français mais qu'on pourrait traduire par "volonté» et "liberté". Un mot qui incarne à lui seul la détermination de tout un peuple, et qui sert de fil rouge au récit qu'Anastasia Fomitchova nous livre ici.
En décidant de raconter son singulier parcours, celui d'une jeune femme prise dans la guerre, de témoigner de son engagement, de l'horreur qu'elle a vécue sur le champ de bataille, de redonner chair et corps aux disparus, de percer le blindage du silence et de l'innommable, Anastasia poursuit par les mots le courageux combat qu'elle a commencé aux premières heures de l'invasion russe.
Tout commence pour elle en 2016, deux ans après l'annexion de la Crimée, alors qu'elle est étudiante à Paris. Après la mort de ses amis, auprès desquels elle milite dans la diaspora, elle commence à accompagner des groupes de volontaires qui approvisionnent les unités militaires sur la ligne de front, à l'Est du pays. L'année suivante elle devient infirmière de combat bénévole. La guerre ne la quittera plus. En février 2022, deux jours après le début de l'invasion à grande échelle, elle retourne en Ukraine et participe à la défense de Kyiv, du front Est, et à la contre-offensive sur Kherson.
Plus qu'un récit sur la résistance ukrainienne, Volia est aussi une plongée historique dans les racines d'un conflit qui dure depuis plus d'un siècle. A travers son histoire personnelle et familiale, c'est l'héritage violent de l'URSS qui rémane : celui de l'Holodomor - la grande famine orchestrée par Staline qui a tué des millions d'Ukrainiens, en passant par les rouages de la nomenklatura soviétique à laquelle le grand-père d'Anastasia appartenait, sans oublier la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, qui a poussé sa mère à partir en France dans les années 1990.
Un récit poignant et terrible qui résonne comme une dette envers ceux qui se sont sacrifiés pour que l'Europe reste libre.
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Moi, Giovanna : Une enfance trans à Bogota
Giovanna Rincon, Stéphanie Malphettes
- Éditions Grasset
- Document Grasset
- 14 Janvier 2026
- 9782246820611
« - Maman ?
Elle pliait des feuilles de bananier et les fourrait de viande en sauce.
- Pourquoi je n'ai pas un sexe de fille ?
Elle s'est redressée. Elle a ri, gênée.
- Mais d'où vient cette question ?
Je n'ai rien répondu. Elle n'a pas insisté. Elle est simplement retournée à ses plats mais j'ai trouvé son geste plus nerveux. Mes amis, ma mère, pour eux tout avait l'air évident. J'étais un garçon. Cette certitude n'appelait ni question ni réponse.»
Giovanna naît à Bogotá en 1969 dans un foyer modeste. Elle a un prénom masculin "Jo", un corps de garçon et l'évidence d'être une fille. À 12 ans, elle s'enfuit de chez elle, étouffée par la présence d'un père violent, menteur et resquilleur. Elle revient six mois plus tard, un amoureux à son bras. Mais son entourage lui impose le caractère et les postures d'une masculinité qu'elle n'a pas choisie. À 15 ans, elle prend son envol et ouvre un salon de coiffure. Quant à l'amoureux, il veut un amoureux, pas un travesti, alors ils se quittent.
Bogotá n'est pas tendre avec les personnes trans. Victimes du conservatisme ambiant, on les retrouve assassinées au petit matin, dans l'indifférence générale. Pourtant, Giovanna impose son prénom, son identité et son genre. Mais le sida arrive et tout s'écroule. Séropositive, condamnée par son médecin à ne vivre que trois ans, elle décide de vivre encore plus et prend l'avion pour Rome. Ses copines y « font le travail du sexe » et gagnent de quoi acheter une maison à leur mère. Mais elles meurent aussi du sida sur un bout de trottoir. Giovanna survivra.
L'histoire de Giovanna se conjugue sous le double signe de la violence et du désir. Malgré la pauvreté, les coups, l'absence d'éducation, la non-reconnaissance de son genre, le VIH, Giovanna est devenue celle qu'elle savait être.
Dans ce récit d'apprentissage, Gioviona Rincon se raconte avec la complicité de son amie Stéphanie Malphettes. A deux, elles nous livrent le récit d'une vie hors du commun où la vie et la mort, la violence et la douceur, l'amour et la colère se tutoient. Un livre de combat et de liberté.
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« Tel qu'il se présente dans l'édition définitive, le Journal de Franz Kafka est un document d'une importance essentielle pour la connaissance de l'oeuvre et de la personne d'un écrivain qui demandait à la littérature plus qu'on ne lui a jamais demandé et qui, en conséquence, n'a jamais écrit une ligne qui ne fût en quelque manière liée au but de sa vie. En s'accrochant à son Journal comme il s'imposait de le faire, Kafka entendait moins s'observer que connaître, et si, tout au début, il écrit : Il faut qu'une ligne au moins soit braquée chaque jour sur moi comme on braque aujourd'hui un télescope sur les comètes, il définira plus tard dans un aphorisme le sens de cette connaissance de soi-même qui, pour lui, impliquait d'abord une destruction : Connais-toi toi-même ne signifie pas : observe-toi. Observe-toi est le mot du serpent. Cela signifie : transforme toi en maître de tes actes. Or, tu l'es déjà, tu es maître de tes actes. Le mot signifie donc : Méconnais-toi ! Détruis-toi ! c'est-à-dire quelque chose de mauvais, et c'est seulement si l'on se penche très bas que l'on entend aussi ce qu'il a de bons, qui s'exprime ainsi : Afin de te transformer en celui que tu es.
Ces treize cahiers tenus presque régulièrement pendant treize ans ne peuvent être regardés comme une confession dont la sincérité ferait le prix, dans son effort pour se connaître, Kafka ne cherchait pas à être sincère, mais à être vrai, aussi ne s'est-il pas promis de tout dire, ni comme un document autobiographique qui livrerait, avec les idées et les préoccupations de son auteur, l'histoire complète de sa vie. » Marthe Robert -
Érasme : Grandeur et décadence d'une idée
Stefan Zweig
- Éditions Grasset
- Les Cahiers Rouges
- 14 Mai 2003
- 9782246168539
Zweig explore l'existence d'Erasme, les rapports secrets de son physique et de son génie, le combat inégal de l'humanisme serein et pacifiste contre le fanatisme révolutionnaire de Luther.
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L'oiseau de Bergen-Belsen
Florence Schulmann
- Éditions Grasset
- Document Grasset
- 26 Mars 2025
- 9782246839859
Florence Schulmann est une miraculée : son premier cri résonne à Bergen-Belsen au coeur de la désolation, trois semaines avant l'arrivée des forces britanniques. N'ayant pu avorter, sa mère est parvenue à cacher sa grossesse et à obtenir l'aide d'une kapo peu de temps avant de perdre les eaux.
Florence est donc une rescapée, mais une rescapée sans souvenirs. Et une enfant hantée : tous les soirs, blottie dans son lit, elle entend ses parents murmurer et pleurer de l'autre côté de la cloison. De leur traumatisme, elle ignore tout - la liquidation du ghetto de Brzeziny, la perte d'un premier fils dans d'effroyables circonstances, leur séparation dans deux camps distincts, leurs retrouvailles inespérées, l'impossibilité de rentrer en Pologne.
C'est à l'adolescence que Florence se dessille, à l'occasion d'un premier voyage en Israël où les gens se bousculent pour la rencontrer. Ce jour-là elle comprend qu'elle n'est pas une jeune fille comme les autres.
A 80 ans, elle accepte enfin de se raconter : après être retournée à Bergen-Belsen, après avoir participé à des groupes de paroles, ressorti photos et archives. Née entre nuit et brouillard, Florence remonte ici le fil de son histoire, car elle sait que les mots sauvent, que la transmission est une boussole, un devoir, pour ses petits-enfants et les générations suivantes.
Un livre remarquable, un témoignage rare. -
Pute n'est pas un projet d'avenir
Louise Brévins
- Éditions Grasset
- Document Grasset
- 12 Avril 2023
- 9782246833109
« Aujourd'hui, devenir pute est encore plus rapide que de se créer un compte Instagram. Notre ère 2.0 a déplacé le tapin de la place publique à l'intimité de nos smartphones et les hommes peuvent désormais se commander une fille aussi facilement qu'on commande un Uber. Leur fantasme ultime ? La professionnelle qui exerce par passion. Moi, je suis entrée dans la puterie pour subvenir aux besoins de ma môme, un peu comme l'aurait fait Fantine si elle avait vécu au XXIème siècle. Je suis devenue Alma, masseuse naturiste et sensuelle qui monnaie ses charmes pour 120 euros l'heure. Je pensais déjà tout savoir et j'y ai tout appris : les hommes, avec tout ce que leurs désirs révèlent, les femmes, avec tout ce qu'elles ignorent, les ravages de la morale, le mythe de l'argent facile, l'hypocrisie d'une société biberonnée au porno. Huit cents clients plus tard, j'en tire une seule conclusion : pute n'est pas un projet d'avenir. Mais ne nous leurrons pas non plus, nous sommes tous la pute de quelqu'un au moins une fois dans notre vie. À vrai dire, j'aurais gagné un temps fou si tout ceci m'avait été appris lorsque j'avais 20 ans. » Louise Brévins Un témoignage poignant, décisif et sans concession.
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Et tu n'es pas revenu
Marceline Loridan-Ivens, Judith Perrignon
- Éditions Grasset
- Les Cahiers Rouges
- 15 Janvier 2025
- 9782246841364
Et tu n'es pas revenu, de Marceline Loridan-Ivens, est un témoignage essentiel pour la mémoire de la Shoah et l'histoire de la déportation. Paru chez Grasset en 2015, ce livre, écrit avec Judith Perrignon, retrace le périple de Marceline Loridan-Ivens dans l'enfer concentrationnaire d'Auschwitz-Birkenau, Bergen-Belsen et Theresienstadt. Quatre-vingts ans après leur libération, les 27 janvier, 15 avril et 8 mai 1945, ces symboles des monstruosités du XXe siècle ne peuvent tomber dans l'oubli.
Le récit de Marceline Loridan-Ivens est construit comme une lettre d'amour à son père, Shloïme Rozenberg, déporté avec elle en 1944 et disparu peu après l'évacuation du camp. Elle lui raconte ce qui lui est arrivé depuis leur séparation devant Auschwitz : la survie quotidienne dans le camp, la faim, le froid, la brutalité, la déshumanisation, la crainte des chambres à gaz, les traitements monstrueux de Mengele et des SS ; puis le terrible voyage de camp en camp, au rythme de la déroute allemande, les convois traversant le Reich sous les bombardements, les nazis ensauvagés par la défaite ; et enfin, à la capitulation de l'Allemagne, les épidémies fauchant les rescapés, les marches interminables à travers l'Europe en ruine puis l'impossible retour à une vie normale.
Cette autobiographie d'une survivante, lauréate du Grand Prix des lectrices Elle et du prix Jean-Jacques Rousseau, s'ouvre sur le récit d'une tentative de reconstruction après l'indicible. La souffrance de l'après, le deuil et la culpabilité, l'insurmontable traumatisme, le corps marqué à vie et l'âme pour toujours prisonnière ont rarement été racontés de manière aussi poignante. La vie a repris, avec l'émancipation par la lutte politique, l'art et par l'amour. -
L'Algérie, ma mère et moi
Smaïn Laacher
- Éditions Grasset
- Document Grasset
- 8 Octobre 2025
- 9782246841678
« Ma mère disait souvent, la mort dans l'âme, "La France a mangé mes enfants". Il n'y avait dans ses paroles ni ressentiment ni colère, simlement de la résignation. La vie avait fait d'elle une mère malheureuse et une femme empêchée .
En 1952, elle quittait l'Algérie peu de temps avant la guerre d'indépendance pour suivre mon père en France. Je grandissais avec bonheur dans la langue française et l'école de République, jusqu'à devenir aujourd'hui chercheur et universitaire. Ma mère, elle, est restée figée dans l'imaginaire de son pays de naissance. Entre sa terre d'origine et sa terre d'accueil, la greffe n'a jamais vraiment pris. Au lieu de nous rapprocher, la France et l'Algérie nous ont éloignés, jusqu'à créer des frontières. Nous n'habitions plus le même monde.
Ce livre est né du désir irrépressible de comprendre pourquoi notre vision du monde était si radicalement éloignée. C'est donc à la fois en sociologue et en fils que j'ai tenté d'y répondre. J'ai longtemps observé ma mère en commençant par être attentif à nos mots, les siens et les miens. Ces mots qui ont construit des murs entre nous, lentement, irréversiblement, des murs de silence et d'incompréhension. Ce récit d'ego-sociologie est un voyage au coeur d'une relation troublée et inhabituelle entre un fils et sa mère. » Smaïn Laacher -
La petite fille du passage Ronce
Isabelle Ernot, Esther Sénot
- Éditions Grasset
- Document Grasset
- 28 Avril 2021
- 9782246826132
« Promets-moi de dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d'autres ». Telle a été l'espérance formulée par Fanny quelques heures avant son assassinat dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Aujourd'hui, sa jeune soeur Esther tient sa promesse.
Dans les années 1930, sa famille fuyant l'antisémitisme polonais, migre vers la France et s'installe passage Ronce, quartier de Belleville. C'est là qu'Esther grandit avec ses cinq frères et sa soeur, dans ce quartier populaire, avec ses marchés, ses rues poussiéreuses, ses échoppes de cordonniers et de tailleurs. Une existence modeste mais heureuse qui bascule en mai 1940. Il y a d'abord l'arrestation de son frère Marcel puis celle de Samuel, envoyé à Drancy. La rafle du Vel d'Hiv les 16 et 17 juillet 1942 est un coup de hache. Esther ne reverra jamais ses parents. Elle se réfugie chez une gardienne, réussit à gagner la zone libre, revient à Paris où elle est finalement arrêtée lors d'un contrôle d'identité puis internée au camp de Drancy. Birkenau : Esther est rasée, tatouée, on lui assigne une baraque, un kommando. L'enfer commence : le travail forcé, le froid, la promiscuité, les coups, la maladie, la faim. Et la mort, partout.
Soixante-quinze ans après la libération des camps, Esther continue de faire vivre la mémoire des siens et d'honorer la promesse faite à sa soeur. La Petite fille du passage ronce est ce récit, mais aussi un projet historique et littéraire différent. Avec la complicité d'Isabelle Ernot, il s'ouvre comme un diptyque : le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus, par des lettres, à sa soeur Fanny et à sa mère Gela, ou encore lors d'une déambulation sur son chemin d'écolière entre Ménilmontant et Belleville. Le récit revient sans cesse vers ce passage Ronce, disparu, qui n'existe plus qu'ici : en cette stèle de mots, vivace et émouvante. -
« Marlene Dietrich n'est pas une actrice, comme Sarah Bernhardt ; elle est un mythe, comme Phryné. » a écrit André Malraux. A-t-on jamais lu les mémoires d'un mythe ? Cette autobiographie est un trésor d'esprit et d'histoires : Marlene Dietrich raconte le Hollywood de l'âge d'or sur un ton ironique et mordant qui tranche avec l'habituel « légendaire » des récits hollywoodiens. Portraitiste de grand talent, elle nous présente von Sternberg, Chaplin, Gabin, Hemingway, Piaf, Fleming, Hitchcock, Orson Welles, Billy Wilder, Fritz Lang, Erich Maria Remarque, Stravinsky, Sinatra ou Nat King Cole. À propos de ce dernier, elle déclare, avec un sens de la formule et une intelligence qui traversent l'ensemble du livre : « Je crois que Dieu l'aimait, même s'il me semble impossible que Dieu aime ceux qui meurent jeunes. » Ses mémoires sont une plongée dans l'histoire culturelle de l'Occident et la rencontre avec une femme exceptionnelle. Dans l'avertissement, Marlene Dietrich dédie ce livre à ceux qui l'ont apprécié : « Peut-être riront-ils un peu avec moi » écrit-elle. C'est une certitude.
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L'été 14, il n'y a plus d'hommes à Paris. Par millions, ils sont montés au front, chantant la Marseillaise, un oeillet fixé à la baïonnette. Aux derniers jours d'août, dans les maisons, dans les rues, une atmosphère nouvelle gagne. Un Paris livré aux femmes où l'on s'inquiète, on s'épaule, on s'organise. On se rapproche et on s'amuse, aussi. Dans sa villa de la rue Cortambert, Colette, la romancière, la journaliste, la femme libre, follement éprise d'Henry de Jouvenel, a fait venir ses trois amies les plus proches.
Toutes appartiennent au monde sulfureux de la littérature et du spectacle. Il y a là Marguerite Moreno, comédienne de théâtre, des cheveux noirs et lisses, le profil d'une Egyptienne. Annie de Pène, la presque soeur, "des yeux dorés comme l'aventurine", comme elle, chroniqueuse de la vie parisienne. Et Musidora, dite "Musi", danseuse de cabaret bientôt célèbre : vêtue d'une cagoule et d'un collant noir dessiné par Paul Poiret, elle sera la star des "Vampires", l'un des grands succès du cinéma muet.
Ensemble, sous le ciel de Paris où passent les dirigeables, elles vont lire, écrire, danser, rire, cuisiner, aimer, traverser le temps cruel de la guerre. Chacune accomplit son destin. Ces quatre amies tendres se moquent du qu'en dira-t-on : en pantalon, les cheveux courts, ou en déshabillés, elles sont libres de leurs gestes, de leurs paroles, de leurs amours. Le canon tonne au loin ; la faim s'ajoute à la peur ; mais les mots et la douceur emportent tout.
C'est une ronde, joueuse, câline, où l'on croise Liane de Pougy, Natalie Barney, des enfants lointains, mais aussi Willy l'ex-mari de Colette, Jouvenel le magnifique et son fils Bertrand. Ce que nous offre Dominique Bona, c'est une histoire de femmes passionnées, insoumises et artistes, qui court jusqu'à l'été 1954, à la mort de Colette.
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Se souvenir ensemble
Claude Askolovitch, Evelyn Askolovitch
- Éditions Grasset
- Essais Grasset
- 11 Octobre 2023
- 9782246829652
C'est l'histoire d'Evelyn, qui a 85 ans et fut déportée de Hollande à l'âge de quatre ans, jusqu'à Bergen-Belsen en Allemagne. Aujourd'hui, elle raconte aux enfants des écoles des souvenirs qui lui échappent souvent - elle était si petite là-bas, et elle s'est protégée des années dans l'oubli et le déni.
Et c'est l'histoire de Claude son fils, journaliste parisien de soixante ans et qui n'aime pas vraiment que sa mère - qu'il a connue un peu drôle et normale, et qui n'embêtait pas son monde avec sa tragédie - devienne sur ses vieux jours un des derniers témoins. Il redoute qu'elle se blesse à chercher son enfance, ce qu'elle a perdu à l'aube de sa vie. Il redoute qu'à s'obséder des morts, elle oublie les vivants. Il redoute qu'elle meure à force de raconter, ou s'il lui fait enfin la grâce de l'écouter : car le plus souvent, il ne l'écoute pas ; pas plus qu'elle ne lui parle, en vérité.
C'est l'histoire d'Evelyn et Claude qui enfin se parlent et se cherchent et s'agacent aussi, se blessent et se consolent, et qui écrivent ce livre ensemble. Se souvenir ensemble passe par le judaïsme allemand dévasté, la Hollande juive annihilée, la France d'un bonheur possible. « Que faire d'une petite fille souriante en cardigan de laine qu'on a photographiée quelques semaines avant qu'elle ne soit déportée ? Que faire d'une fillette qui n'est pas morte et qui est votre mère ? Que faire d'un fils qui veut savoir ce qu'on ne peut pas dire et qui rejette ce qu'on veut bien livrer ? Que t'est-il, que nous est-il arrivé, de quoi te souviens-tu en fait, sommes-nous une famille ? » Un échange unique et beau, traversé par l'amour, le doute, le judaïsme, l'impossible mémoire, Israël, les fêtes et les vivants, les morts aussi. Se souvenir est un impératif douloureux et magnifique, ici donné par les mots, parfois doux, parfois rieurs, souvent angoissés. -
Sans départir
Diane de Beauvau-craon
- Éditions Grasset
- Litterature Francaise
- 11 Mai 2022
- 9782246863410
« J'avais 21 ans, j'étais seule avec Andy Warhol à la Factory. Il me lance : ''Diane, tu dois te mettre à écrire ton journal'', je le regarde : ''Je n'ai que 21 ans, j'ai déjà un pied dans la tombe, tu veux que j'y mette les deux ?'' Réponse de Andy : ''Just do it.'' ».
Quitter le luxe de l'avenue Foch, les dorures des châteaux lorrain et portugais, les jardins à l'anglaise, les dizaines de domestiques, les robes à smocks et autres excentricités aristocratiques familiales ? Il en faudrait plus pour effrayer Diane, la petite dernière des princesses Beauvau-Craon, qui débarque dans un New-York en pleine effervescence artistique.
Bien décidée à mener une existence hors du commun, elle devient à 18 ans, en 1973, l'apprentie de Roy Halston, le Yves Saint Laurent américain, avant de créer elle-même sa collection de vêtements. Très vite, elle est l'une des plus étonnantes figures du milieu underground new-yorkais. Ivre de vin blanc et de cocaïne, elle écume les boîtes de nuit en compagnie de Warhol et Mapplethorpe, avec qui elle se lie d'amitié. De la Factory au Studio 54, en passant par les grands défilés de mode, elle côtoie tous les artistes mythiques des années 1970-1980 : Mick Jagger, John Lennon et Yoko Ono, Margaux Hemingway, Diana Vreeland, Timothy Leary... Dans cet univers de paillettes et d'acide, Diane vit à cent à l'heure.
De rencontres exceptionnelles en péripéties romanesques, des affres de la dépendance aux années sida, Diane de Beauvau-Craon dresse le portrait d'une époque libre. Sans départir sont des mémoires généreux où le faste ne va pas sans légèreté. Une ode à la vie, pleine d'humour et de tendresse pour un monde aujourd'hui disparu. -
« Il y a un mystère Zweig : j'ai écrit ce livre pour tenter de le percer. Comment un écrivain aussi secret et discret a-t-il été capable d'allumer un feu chez ses créatures romanesques et de le faire partager à ses lecteurs ? Ce sont les origines de ce feu que j'ai cherché à découvrir à travers les péripéties de sa vie. Je suis allée à Vienne et à Salzbourg, dans cette Autriche finissante avec laquelle Zweig a entretenu des rapports si complexes d'amour-haine, puisque ce pays a été sa véritable patrie et la source de tant de souffrances. Je suis allée au Brésil, à Petropolis, haut lieu de son suicide et de son désespoir. Homme de passion, sous son élégance MittelEuropa, c'est un écrivain qui se livre difficilement. Il faut partir à sa recherche, décrypter ses amours et ses amitiés. Ce parfait homme de lettres en apparence est un artiste qu'attire la foudre - les folies d'Amok ou les tabous de la vie des femmes, que celles-ci osent à peine s'avouer à elles-mêmes, leurs voluptés secrètes. Ami de Romain Rolland, d'Emile Verhaeren, de Thomas Mann, de Joseph Roth, tous grands Européens qui croyaient comme lui à la paix, à l'amitié, dans un monde ouvert et concilié, cet écrivain raffiné, choyé par les élites, aurait pu demeurer comme l'archétype d'une civilisation disparue. Son prodige est d'avoir réussi à conquérir aujourd'hui un si vaste public. Loin de rejoindre dans les bibliothèques les auteurs à demi oubliés de son temps, Zweig rayonne. Il continue de séduire. On aime son style, rapide et sûr. Sa compassion, inégalable. Sa sensibilité d'écorché vif. Peut-être aussi les lueurs sombres, les fumées délétères de son oeuvre, qui correspondent si bien à nos angoisses, à nos tourments contemporains. Zweig était lui-même biographe : auteur de livres qui sont des modèles du genre, Marie Stuart ou Marie-Antoinette. C'était pour moi une dette d'écrire à mon tour sa biographie : tenter de rendre vivant cet homme de passion dans une biographie passionnée. »
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« Cet Idiotie, qui peut faire suite aux textes dits « autobiographiques » que j'ai publiés de 2007 à 2010 (Gallimard), traite de mon entrée, jadis, dans l'âge adulte, entre ma dix-huitième et vingt-deuxième année, de 1958 à 1962. J'y ai choisi ces épisodes en raison de leur retentissement en moi alors et des forces qui s'y manifestent: ma recherche du corps féminin, mon rapport conflictuel à ce qu'on nomme le « réel », ma tension de tous les instants vers l'Art et vers plus grand que l'humain, ma pulsion de rébellion permanente: contre le père pourtant tellement aimé, contre l'autorité militaire, en tant que conscrit puis soldat dans la guerre d'Algérie, arrêté, inculpé, interrogé, incarcéré puis muté en section disciplinaire. Armée rejetée autant qu'attirante -l'ordre, la logique, comme la forme en Art.
Mes rébellions d'alors et leurs conséquences: fugue, faim, vol, remords, errances, coups et prisons militaires, manifestations corporelles de cette sorte de refus du réel imposé: on en trouvera ici des scènes marquantes.
Drames, intimes, politiques, amitiés, camaraderies, cocasseries, tout y est vécu dans l'élan physique de la jeunesse. Dans le collectif.» Pierre Guyotat
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« Tu es venu m'assassiner ? » demande Roger à l'auteur du livre, Thomas Misrachi, cinquante ans, qui vient d'entrer dans sa chambre. Roger, malade, épuisé, le regard perdu et cruel, se meurt dans un hôpital de Moselle. Qui est cet homme que vient rencontrer l'auteur, une dernière fois, et qui fut un « presque bourreau » ?
Ainsi commence cet incroyable récit personnel et familial, écrit d'une traite. On y découvre un enfant de six ans, Thomas ; un jeune homme de seize ans, lycéen amoureux d'une fille, passionné de force, à l'âme et aux gestes noirs. Roger, la trentaine, dans une nouvelle vie. Au coeur de l'été, dans une grande maison bourgeoise, se noue un drame impossible à raconter, et qui ne fut jamais évoqué pendant 45 ans.
Vous n'oublierez pas ce livre travaillé par la souffrance, mais sauvé par la beauté de l'écriture et la résilience de l'adulte. -
De Simone Veil, on réduit trop souvent la biographie à quelques dates phares, dont, évidemment, celles du débat sur l'IVG, en 1974. De même de son image et des rares signes électifs qui l'incarnent aux yeux des Français : un chignon fidèle qu'elle n'acceptera de défaire qu'une seule fois en public, un immuable tailleur Chanel, dont ne varie que la couleur, un collier de perles porté sur une lavallière. A la différence sans doute des simplifications biographiques, cette austérité est délibérée. Elle est aussi comme la cuirasse d'une femme parvenue au sommet de l'Etat, soucieuse d'opposer à la curiosité du public et des journalistes une image qui n'offre aucune prise, aucune perspective personnelle.
Tout au long de sa vie publique, Simone Veil a soigneusement protégé son intimité familiale et amicale. Antoine, son mari, apparaît parfois au cours de ses campagnes, mais toujours saisi comme une apparition « officielle ». De même de ses enfants, photographiés publiquement, par exemple au ministère de la Santé juste avant les débats sur l'avortement, autour d'une table qui réunit la ministre et son cabinet.
Certes, depuis sa retraite politique, avec le succès de ses mémoires, l'entrée à l'Académie française et la Panthéonisation, la multiplication des hommages de toutes natures, se sont multiplié les incursions médiatiques dans la sphère privée de celle qui est restée si longtemps une des personnalités préférées du public. Simone Veil ne s'y est jamais prêtée volontiers. Aujourd'hui, ses deux fils ont accepté pour la première fois que soient publiées autant de photographies pour la plupart inédites.
Cet album fait comprendre quelles étaient les racines de ses engagements, les figures familières, parents, frère et soeurs, enfants et petits-enfants, amis, lieux aimés où elle se ressourçait. Commentés par ceux-là mêmes qui lui furent si chers, ses deux fils, Jean et Pierre François. -
Deux carnets conservés par Joan Didion depuis les années 1970 sont aujourd'hui rassemblés en un seul volume.
Il s'agit tout d'abord d'un carnet de voyage : en juin 1970 Joan Didion et son mari ont sillonné le Sud des États-Unis (la Louisiane, le Mississippi, l'Alabama), et en de courts chapitres non datés Joan Didion livre ses observations sur les lieux, les paysages ou les gens rencontrés.
Le projet du voyage et son miroir littéraire découlent de la volonté de comprendre ce « Sud profond », pour la Californienne qu'est Joan Didion - et à travers le Sud, l'Amérique tout entière. Le Sud comme une terre tournée vers le passé - alors que la Californie est tournée vers l'avenir - et comme un pays aux certitudes inébranlables : chacun doit rester à sa place, les femmes, les Noirs, les pauvres, les étrangers. Joan Didion absorbe, commente, questionne, et se moque parfois. La plume est acérée, rapporte des conversations avec divers personnages, des entrepreneurs, des médecins, des esthéticiennes et note à quel point son apparence, ses vêtements et son attitude générale inspirent la méfiance. Elle décrit une société qui vit sur les vestiges d'un système féodal construit par les planteurs de coton.
Le deuxième carnet, daté de 1976, est constitué des notes prises par Didion quand elle s'est installée dans un hôtel à San Francisco pour couvrir le procès de Patty Hearst. L'auteure revient sur la figure de sa grand-mère, ses lectures, et sur son appartenance à cette Californie depuis qu'elle a traversé pour la première fois le Golden Gate Bridge.
Les deux textes nous permettent de mieux comprendre l'Amérique de ces années-là, et de ce fait, l'Amérique de Trump, dans ce court livre brillant où l'acuité du regard de Didion fait toujours mouche.
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"Mourir ou mentir", était-ce, pour Céline, le seul choix possible en ce siècle de drames et de sang ? Mais, en se précipitant jusqu'au bout de la nuit et en orchestrant cette nuit avec d'insoutenables pamphlets, Céline le voférant, Céline l'homme blessé et solitaire a-t-il vraiment choisi la vérité. C'est la question que Frédéric Vitoux adresse ici à la vie et à l'oeuvre d'un écrivain qui sut donner, d'un même souffle, une dimension biographique à son style et une forme littéraire à son existence. Dans cette enquête exhaustive et définitive, on y entendra, pour la première fois, la voix et les confidences de Lucette, son épouse silencieuse depuis si longtemps ; on y lira, surtout, parmi des centaines de documents, les lettres inédites de Céline en prison. Céline révolutionnaire ? réactionnaire ? raciste ? humain ? Céline bouc émissaire ? Frédéric Vitoux n'a pas voulu préférer l'un ou l'autre de ces destins également probables. Mais de cette loyale biographie, chacun tirera argument pour mieux aimer, ou pour mieux haïr, l'homme dont les romans hurlent leur désespoir et leur recherche d'une introuvable féerie et où notre temps s'observe - comme dans un miroir.
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L'insoumis ; l'Amérique de Mohamed Ali
Judith Perrignon
- Éditions Grasset
- 13 Novembre 2019
- 9782246820895
« Le nom de Mohamed Ali semble désormais évoquer à lui seul le combat des hommes, l'insoumission. Comme si la vie était un ring. C'est pourquoi il fascine tant jusqu'aux générations qui n'étaient pas nées, et jusqu'au bout du monde.
Il y a deux ans, France Culture me demandait de le raconter sous la forme d'une Grande Traversée, une série documentaire de dix heures. Je me suis mise en quête de témoins directs et nous sommes partis sur les routes américaines à la rencontre d'un journaliste sportif du New York Times en retraite, d'un Imam d'Indianapolis, ancien de Nation Of Islam et grand ami d'Ali, du vieux Captain Sam qui l'entraîna tout jeune à la mosquée de Miami, de la famille de son manager, des copains d'enfance restés à Louisville...
Leur voix sont puissantes, tout droit sorties d'une époque folle, dangereuse, clivée et rêveuse, elles jubilent de chacune de ses victoires comme si elle avait eu lieu hier, elle souffrent encore de la mort de Malcolm X, reviennent au fondement de la foi musulmane chez une partie des Noirs Américains, se rappellent son déchirement au moment de la guerre du Vietnam, son lien au tiers-monde en plein réveil, puis comment l'amnésique Amérique se mit à l'aimer, malade et condamné au silence.
J'ai aimé ces gens, me frotter à leur expérience, leur croyance.
Il fallait faire un livre de cette série radio. Pour mieux revisiter ce voyage dans le temps et l'espace américain. Mieux lire ces voix. Et s'immiscer dans les oublis volontaires de nos mémoires. »